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ADC - Clavecin 1748
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___ « En 1993, lors de Musicora, au Grand Palais, j'ai l’opportunité d’acquérir une ruine de clavecin.

Il n’a, quand je le découvre, ni piétement, ni corde, ni registre, ni mécanique, ni clavier. En réalité, il n’a guère que la partie la plus importante : sa table d’harmonie, entière celle-là, avec ses barrages, une partie de la caisse et son couvercle très endommagé. Quand à son piétement, son propriétaire l’a transformé en deux tables de bridge…, mais ça, c’est une autre histoire.

Ce clavecin a toujours été, depuis son achat, dans la même famille, d’abord dans le sud de la France, puis en Région Parisienne.

Ayant acquis ce « souvenir » du passé, j’en fais un hommage à la mémoire des facteurs de clavecins, «le totem » de mon atelier. J’avais pu voir la fameuse « planche de nom » et en avais fait un « fac-similé » :

« mis au grand clavier par J.Collesse, »,

« à Lyon 9 br(Septembre) »

« 1748.  »,

écrite à l’encre de chine, et, sans doute, de l’écriture de J. Collesse.
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Dans un premier temps, l’aspect de l’instrument nous fait penser, à un confrère et à moi-même, qu’il s’agit d’un clavecin de facture flamande et pourquoi pas d’un « Ruckers ». Mais je découvrirai par la suite qu’il n’en est rien.

En 2000, constatant que la caisse continue de se dégrader, malgré son stockage dans de bonnes conditions de température et d’hygrométrie, je décide de commencer une opération de « conservation ». L’idée est de reconstituer la caisse, afin de stopper la détérioration et de la maintenir en l’état. La restauration/conservation terminée, je pense m’arrêter à ce stade. Mais en 2002, J’expose cette caisse « conservée » à Musicora, et…

- lorsqu’on aborde le chapitre de la restauration d’anciens instruments, il y a toujours une discussion entre les partisans de la conservation en état, et les partisans de la restauration/ reconstruction/ reconstitution. Débat souvent abordé entre les musées conservateurs et les restaurateurs d’instruments anciens voulant privilégier l’aspect musical.

Ma première étape, celle de la conservation, était conforme à l’un des partis ; Mais quel sens cela avait-il de conserver un instrument de musique « muet » ? D’autant que lorsque nous testions la table, elle sonnait de façon étonnante … Lorsque je pris conseil auprès des uns et des autres : musiciens, collègues, ils m’ont répondu que tellement d’éléments manquaient à cet instrument qu’on ne pourrait pas me reprocher de vouloir commencer sa reconstruction. Je pouvais donc en mon âme et conscience commencer les travaux. -
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…J’ai donc abordé la phase dite de « reconstruction » de ce clavecin dont nous ignorons toujours qui l’a construit à l’origine :

J.Collesse, dont il est indiscutable qu’il l’a « ravalé » en 1748, a utilisé une caisse dont l’architecture permet de penser qu’il s’agit d’un instrument de la fin du XVIIe siècle ; En observant la caisse restaurée, un confrère penche pour un instrument fait à Lyon.

Je découvre deux lettres (FD, PD ou NFD ?) inscrites au fusain sur la table d’harmonie, côté intérieur, qui ne peuvent pas avoir été écrites après la construction de la caisse. Qui est l’auteur de ce paraphe ??? ... Mystère …

Le même confrère me fait parvenir les « cotes » d’un clavecin DF. La parfaite similitude des dimensions de ces deux instruments me permet, entre autres, de reconstruire entièrement le clavier. J’ai reconstitué les parties manquantes dans le total respect d’une « restauration », tant dans le choix des matériaux que dans le choix des techniques.
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En avril 2003, je pose les cordes. Le clavecin est sous tension et je l’accorde au diapason logique de 405 hertz utilisé au XVIIIe siècle particulièrement par l’Ecole Lyonnaise.

En avril 2004, je sollicite Arnaud PUMIR, claveciniste, qui, le découvrant, décide d’un disque enregistré dès juin 2004.

Enfin, le clavecin rejoue.

C’est bien dans ce but que je me suis appliqué à mettre mes gestes dans ceux de nos anciens ; j’ai souhaité que par delà le temps, ce qu’ils avaient créé nous parle encore. »
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En 2004. le clavecin suscite une récompense prestigieuse:
3ème prix national «restauration et conservation» octroyé par la SEMA
(Société d'Encouragement aux Métiers d'Arts)
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L'Atelier du Clavecin
Laurent Soumagnac

5 , ruelle de la Foulerie
60240 Chaumont-en-Vexin

Tel : 03.44.49.14.49
Fax : 03.44.49.23.09

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